GOHAR DASHTI - SHILPA GUPTA

CE N'EST PAS DU SANG, C'EST DU ROUGE!

VERNISSAGE LE SAMEDI 10 MARS 2012
EXPOSITION DU 10-03 AU 19-04 2012


COMMISSAIRE D’EXPOSITION YASMINA REGGAD

 

 

GOHAR DASHTI

Gohar Dashti | série Slow Decay | photographie | 2010 | 100 x 150 cm | éd de 7.

 

SHILPA GUPTA

Shilpa Gupta | Blame | 2002-04 | Installation interactive, bouteilles en plastique, colorant, vidéo | 340 x 300 x 130 cm | éd de 5.

 

 

L’exposition tire son titre de la célèbre formule que Jean-Luc Godard opposa à la critique de la violence démesurée de son film Weekend.
La série photographique Slow Decay (2010) de Gohar Dashti met en scène des personnes évoluant dans un contexte domestique ordinaire. Un liquide rouge, du sang, vient cependant perturber l’apparente quiétude des protagonistes et crée une tension qui les suspend dans le temps, le silence et l’absence. Ils sont désormais plongés dans le mutisme de leurs histoires intérieures dont les objets qui saignent seraient les narrateurs. Dans la vidéo qui accompagne les photographies, Gohar Dashti semble vouloir panser les souffrances et les âmes. En vain, la toile est absorbée et entièrement recouverte du rouge sentencieux.
L’installation interactive Blame (2002-2004) de Shilpa Gupta scelle dans des flacons le sang versé par l’intolérance, les préjugés et la haine moteurs des violences identitaires qui ont frappé l’Inde et sa région au début des années 2000. Qu’ils soient vendus par l’artiste dans les gares et trains de Mumbai, ou exposés sur des étagères alignés tels des produits pharmaceutiques baignés d’une lumière écarlate, les flacons contenant le sang diviseur proclament qu’ils nous sauveront de tous nos maux : Blaming you makes me feel good.
L’exposition “C’est n’est pas du sang, c’est du rouge” déploie autant de nuances cruelles de rouge composant la grande fresque monochrome de nos stigmates identitaires et politiques, de nos frustrations et de nos douleurs.

Gohar DASHTI
vit et travaille à Téhéran.
Elle est diplômée d’un Master en Photographie de L’université de Téhéran.
Son travail, essentiellement photographique, explore le passé turbulent de l’Iran et témoigne de la résistance de la génération post-révolution islamique face à la rigidité du pouvoir et de la morale.
Sa série Today’s Life and War,qui questionne les impacts de la guerre sur la mémoire collective de la jeunesse contemporaine iranienne, a fait l’objet de nombreuses expositions individuelles et collectives internationales notamment à la Silk Road Gallery en Iran, au Centre d’Art Passerelle, à Photoquai et à Paris Photo en France, à la Galerie Kashya Hildebrand en Suisse, au Oi Futuro Flamengo au Brésil ; elle est actuellement présentée au Grimmuseum en Allemagne et sera présentée au festival du Printemps de Septembre à Toulouse en septembre 2012.
Elle a également participé à des résidences artistiques au Royaume-Uni, en Allemagne et aux Etats-Unis.
La vidéo Slow Decay est actuellement exposée dans le cadre de l’exposition collective « The Elephant in the Dark » à la Devi Art Foundation en Inde.

Shilpa GUPTA (1976) vit et travaille à Mumbai (Inde).
Elle a étudié la sculpture à la Sir J.J. School of Fine Arts à Mumbai.
Personnage emblématique de la scène artistique indienne, Shilpa Gupta s’interroge sur la globalisation et ses avancées technologiques au travers d’installations interactives ou de performances publiques qui lui donnent l’occasion de sonder la religion, l’imaginaire ou la subversion du désir humain.
Cette jeune artiste est rapidement devenue une habituée d’importantes manifestations internationales, notamment de la Biennale de Lyon (2009), de Gwangju (2008), de Liverpool (2006), ou de Sydney (2006). Elle a également été invitée par de prestigieuses institutions, parmi lesquelles la Tate Modern de Londres, la Daimler Contemporary de Berlin, le Queens Museum de New York, le Chicago Cultural Center.
Au premier semestre 2012, quatre expositions déjà lui sont dédiées (à la Gallery Chemould en Inde, au Museum voor Moderne Kunst en Hollande, au Culturcentrum en Belgique et à Arnolfini en Angleterre). Shilpa Gupta signera les décors de l’opéra Nixon China de John Adams au Théâtre du Châtelet à Paris.

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